Inauguré début avril dans un bâtiment signé Zaha Hadid, le Black Gold Museum de Riyadh est le premier musée de ce type à explorer, à travers le prisme de l’art moderne et contemporain, l’histoire et l’influence du pétrole sur les transformations de nos sociétés. Dans son parcours inaugural, le musée présente la sculpture Space Attraction, de Romain Langlois.

Ouvert le 7 avril 2026 à Riyadh, le Black Gold Museum propose une approche singulière de l’histoire du pétrole, envisagée non pas sous un angle scientifique ou industriel, mais à travers ses dimensions culturelles, humaines et symboliques. Réunissant plus de 350 œuvres — peintures, sculptures, photographies, vidéos, installations et archives — réalisées par plus de 170 artistes issus de plus de 30 pays, le musée met en lumière la manière dont cette ressource a profondément façonné les sociétés, les économies et les modes de vie contemporains.
Installé dans un bâtiment emblématique conçu par Zaha Hadid Studio, le parcours du musée se déploie en quatre chapitres — Encounter, Dreams, Doubts et Visions — offrant une lecture accessible et progressive de cette histoire globale. Comme le souligne son commissaire, Christian Janicot, cette structure narrative vise à rendre le propos intelligible à tous, qu’ils soient familiers ou non de l’art contemporain.
C’est dans la première section du parcours, Encounter, consacrée aux origines du pétrole et à sa formation, que s’inscrit la sculpture Space Attraction de Romain Langlois. Haute de plus d’un mètre, l’œuvre représente un rocher scindé en deux, révélant un intérieur à l’apparence liquide et incandescente, évoquant le magma. Entièrement réalisée en bronze, la pièce joue sur un contraste saisissant entre l’aspect minéral, obtenu par un travail de patine d’un grand réalisme, et la surface dorée, polie, qui semble animée d’une énergie interne.
Cette œuvre s’inscrit dans une série développée par l’artiste autour d’objets du quotidien — naturels ou transformés — que nous ne remarquons plus. Rochers, branches, poutres : autant de formes familières que Romain Langlois s’approprie, transforme et réactive, en les réintroduisant dans notre champ de perception. À travers ce geste, il invite à un déplacement du regard et à une interrogation essentielle : que voyons-nous réellement ?
En révélant une matière intérieure vibrante, presque vivante, Space Attraction entre en résonance directe avec les thématiques du musée. Elle évoque à la fois les profondeurs géologiques où se forme le pétrole et les forces invisibles qui traversent la matière. Pour l’artiste, « tout est en vie, tout est en mouvement, tout est en transformation. Mais cette vie, il faut aller la dénicher ». Une démarche qui trouve ici un écho particulier, au cœur d’un musée qui explore précisément les transformations profondes — visibles et invisibles — induites par le pétrole dans nos sociétés.
Par sa présence dans ce parcours inaugural, l’œuvre de Romain Langlois s’inscrit ainsi dans un dialogue élargi entre art, matière et histoire, et participe à une réflexion contemporaine sur notre relation aux ressources, à la nature et à ce qui, en apparence, nous semble inerte.
Nous sommes particulièrement heureux de voir l’œuvre de Romain Langlois présentée aux côtés d’artistes de renommée internationale tels que Doug Aitken et Alfredo Jaar. Cette étape témoigne de l’importance d’un engagement durable auprès des artistes que nous représentons, ainsi que de notre volonté d’accompagner la visibilité et la présence institutionnelle de leurs œuvres dans le temps.
Black Gold Museum
Riyad, Arabie Saoudite
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