Buru Beltza
Noces ou confins sauvages
Bêtes et Météores
Autres
Biographie
La photographe contemporaine Hélène David développe un travail profondément ancré dans la nature et les territoires qu’elle explore. À partir de l’observation du monde vivant, elle construit une photographie qui ne se laisse pas enfermer dans les catégories traditionnelles du portrait, du paysage ou de la photographie documentaire : corps humains, animaux, végétaux, minéraux et espaces naturels s’y côtoient et participent d’un même regard. Son approche sensible laisse une large place à l’intuition, au merveilleux et à l’invisible, tout en portant une attention particulière aux relations qui unissent les différents éléments du vivant et en questionnant les hiérarchies et les classifications établies.
De la photographie documentaire à la recherche artistique
Après des études à l’École nationale supérieure Louis-Lumière à Paris, Hélène David commence sa carrière dans le photojournalisme. Elle travaille pour la presse internationale et l’édition en tant que grand reporter, tout en développant parallèlement des projets plus personnels. Attirée par l’environnement maritime, et notamment par l’univers âpre et sauvage de la haute mer, elle embarque pour de longues périodes à bord de bateaux de grande pêche puis de la marine marchande, et passe également une semaine dans un sous-marin nucléaire.
Dans le cadre du projet Réfugiés climatiques, présenté lors du sommet mondial sur le climat à Copenhague en 2009, elle séjourne en Alaska auprès de la population autochtone Iñupiat. Elle y observe avec intérêt une autre manière d’habiter le monde naturel, ainsi que l’influence de celui-ci sur la communauté et les formes de sociabilité. Ces différentes expériences lui font prendre conscience de la puissance de l’océan et du sentiment d’éloignement de la civilisation qu’il peut produire.
Sa pratique photographique implique alors un engagement relationnel fort avec les personnes rencontrées dans lors de ces voyages, mais aussi un engagement physique, lié à des conditions de travail parfois difficiles. Cette implication du corps restera présente dans sa démarche et se prolongera notamment à travers des séances en apnée, qu’elle réalise pour ses photographies sous-marines, ainsi que dans sa pratique personnelle de la danse contemporaine.
À partir de 2015, Hélène David s’oriente vers la recherche d’un langage photographique plus sensible et d’une écriture contemporaine. Ses projets de vie et de travail la conduisent à Marseille, où elle réside pendant plusieurs années. En 2022, lauréate d’une grande commande photographique initiée par le ministère de la Culture, elle s’installe à Anglet, au Pays basque, où elle vit et travaille aujourd’hui. Sa recherche artistique est intrinsèquement liée aux territoires qu’elle habite et dans lesquels elle s’immerge sur de longues périodes.
« Il me semble Il y a des passerelles nombreuses entre la photographie documentaire et la photographie dite artistique. Pour moi, le regard, la singularité, la subjectivité qui va accompagner un regard documentaire ouvre des portes sensibles, imaginaires, et peut emmener à développer une démarche artistique. » Hélène David
L’importance du corps dans le travail photographique d’Hélène David
Plusieurs disciplines nourrissent la démarche de la photographe, notamment la peinture, le cinéma et la danse. Sa sensibilité à la couleur puise dans l’œuvre de Giotto et des artistes de la pré-Renaissance italienne, tandis que certains chorégraphes contemporains l’inspirent dans sa réflexion sur la place des corps dans l’espace et sur les relations qui se tissent entre eux.
L’artiste considère les différentes composantes du vivant (qu’elles appartiennent au monde végétal, animal ou minéral), comme des corps qu’elle traite sans distinction hiérarchique. Pour elle, une pierre elle-même constitue un corps : son mouvement et ses transformations s’inscrivent simplement dans une temporalité complètement différente de celle du corps humain. L’être humain, en tant que corps vivant, prend ainsi place dans la métamorphose continue d’une Terre dynamique, animée par des processus géologiques qui avancent sans cesse.
« Tous ces corps, comment interagissent-ils ? Comment les rassembler au sein d’un langage visuel ? C’est une forme de chorégraphie organique, colorée, que j’essaie de développer au fil de mes récits. » Hélène David
Les séries photographiques d’Hélène David sont pensées comme des traversées d’un monde élargi, où les frontières entre les corps et les éléments deviennent poreuses et où chacun entre en relation avec les autres. L’artiste s’intéresse dans cette perspective à la notion de « communauté plus qu’humaine », entendue comme une communauté partagée entre humains et non-humains — animaux, végétaux, paysages, écosystèmes etc. — reliés par un réseau d’interdépendances.
Le processus de création : du terrain au laboratoire
La démarche artistique d’Hélène David associe la photographie à l’écriture et à la collecte d’images d’archives. Son processus créatif se déploie en plusieurs étapes, à commencer par la récolte d’images, à travers les prises de vue réalisées sur le terrain et les recherches menées dans les archives. La confrontation à ces dernières lui permet de mettre son regard contemporain en perspective avec ceux du passé, lui rappelant du fait que toute représentation s’inscrit dans une continuité temporelle.
Sur le terrain, les prises de vue naissent souvent de longues marches d’approche qu’elle décrit comme « sensibles et méditatives », favorisant une immersion profonde dans le milieu. Certaines situations nécessitent un engagement physique plus intense, notamment lorsqu’elle photographie sous l’eau en apnée. Au cours de ces sorties sur le terrain, elle recueille également les paroles de celles et ceux qu’elle nomme les « intercesseurs » et « intercesseuses » du territoire exploré. Dispositif hérité de sa pratique documentaire, ces échanges nourrissent sont travail.
Après une première sélection de clichés, Hélène David imprime de nombreux petits tirages, parfois par centaines, qu’elle confronte visuellement. Elle recherche alors, de manière intuitive, des correspondances, des résonances et des associations entre les images.
« L’intuition a une place importante dans mon travail. A partir de ça, les corps apparaissent et je compose ce dialogue entre tous ces fragments. » Hélène David
La dernière étape consiste à donner une forme matérielle à ces ensembles, à travers des photographies contemporaines et des livres destinés à l’exposition et à la collection. Pour ses tirages, l’artiste travaille en étroite collaboration avec son tireur à Paris afin de restituer au plus près l’expérience sensorielle vécue lors de la prise de vue. Le choix du papier joue à ce titre un rôle essentiel. Elle utilise notamment l’Awagami Kozo, un papier japonais à la fois souple et résistant, composé en partie de fibres de mûrier. Son rendu subtil, marqué par de légères iridescences, apporte aux couleurs une profondeur particulière et confère aux images une dimension plus poétique et évocatrice.
La reconnaissance dans le monde de la photographie et de l’art
Les œuvres d’Hélène David sont régulièrement exposées en France dans des galeries, festivals, musées et foires. Elles intègrent plusieurs collections publiques : celle du département des Estampes et de la Photographie de la Bibliothèque nationale de France, celle des Fonds Communal d’Art Contemporain de la Ville de Marseille, celle des Archives Départementales des Bouches-du Rhône et celle des Fonds de la Communauté d’agglomération Pays basque. Avec les éditions sun/sun, l’artiste publie deux livres : Buru Beltza en 2026 et Noces ou les confins sauvages en 2018.
CV
Expositions personnelles
- 2025: Marins, L’homme et la mer Festival, le Guilvinec, Finistère (France)
- 2025: Secrètes connivences avec le sol, Centre d’art de la photographie, Bergerac (France)
- 2025: Secrètes connivences avec le sol, Maison des solidarités Baxe-Nafarroa, Saint-Jean-Pied-de-Port (France)
- 2024: Secrètes connivences avec le sol, BnF François Mitterrand, Paris (France)
- 2024: Secrètes connivences avec le sol, Festival Fotohaus, Bordeaux (France)
- 2024: Secrètes connivences avec le sol, Festival Inpakt, Urrugne (France)
- 2024: Secrètes connivences avec le sol, Photography Museum, Chalon-sur-Saône (France)
- 2024: Secrètes connivences avec le sol, Maison de la Corniche, Hendaye (France)
- 2024: Secrètes connivences avec le sol, Centre Régional Photographique des Hauts-de-France, Douchy-les-Mines (France)
- 2020: La photographie en passant, Sur la piste de l’homme animal, Centre Photographique de Marseille (France)
- 2018: Noces ou les confins sauvages, Galerie Binôme, Paris (France)
- 2018: Noces ou les confins sauvages, Foire de la photographie contemporaine, Centre photographique de Marseille (France)
- 2017: Noces ou les confins sauvages, Abbaye de Silvacane, Festival Photo-med (France)
- 2016: Noces ou les confins sauvages, projet Byopaper, Rencontres d’Arles (France)
- 2013: Marins, Festival international de la photographie de mer, Vannes (France)
Expositions collectives
- 2025: Méandre, la rivière monde, Galerie d’art contemporain, Le MI[X] Mourenx, Pyrénées Atlantiques (France)
- 2022: Sublime!, Quai du Port, Marseille (France)
- 2021: Le cantique des moineaux, Archives Départementales des Bouches-du-Rhône (France)
- 2021: Le cantique des moineaux, Archives Départementales des Bouches-du-Rhône (France)
- 2009: Réfugiés climatiques, Sommet mondial pour le climat, Copenhage (Danemark)
- 2007: Réfugiés climatiques, BnF, Paris (France)
- 2006: Réfugiés climatiques, festival La Gacilly (France)
Collections
- Collections du département des Estampes et de la Photographie, Bibliothèque nationale de France
- Artothèque Intercommunale de Miramas, France
- Archives Départementales des Bouches du Rhône, France
- Maison des cinématographies de la Méditerranée, France
- Fonds Communal d’Art Contemporain, Marseille, France
- Communauté d’agglomération Pays Basque, France
Distinctions et résidences
- 2026 : Prix des libraires du livre de photographie avec Buru Beltza/ Têtes noires
- 2024 : Résidence de co-création et médiation, Nekatoenea, Hendaye (France)
- 2021-2020: Océaniques Anonymes, Spectacle, Porto (Portugal)
- 2020: Résidence, Pôle Ambarès, Bordeaux (France)
- 2021. Résidence, Théâtre Armazen, Porto (Portugal)
- 2019: Sur la piste de l’homme animal, Résidence, Alpes-Maritimes (France)
- 2019: Finaliste, Prix Roger Pic
- 2018: Prix Polyptyque, Galerie Binôme, Paris (France)
- 2012: Fonds d’aide, Photographie documentaire contemporaine, Kerkennah, la renaissance du bleu, CNAP
- 2011: Gueule d’Hexagone, Résidence, Fos-sur-Mer (France)
- 2003: Prix travailleurs de la mer, Vannes (France)
- 2001: Prix Aida, Photographie sociale et documentaire
Commandes
- 2022 : Radioscopie d’une France en crise, Commande photographique, ministère de la Culture
Publications
- 2026: Buru Beltza ( têtes noires ), Éditions Sun/Sun (monographie)
- 2024: La France sous leurs yeux, 200 regards de photographes sur les années 2020, Éditions BNF (anthologie / collectif)
- 2018: Noces ou les confins sauvages, Prix HIP, Finaliste livre de l’année, Éditions Sun/Sun (finaliste livre de l’année prix HIP) (monographie)
- 2012: Gueule d’Hexagone, Éditions Intervalles (avec le collectif Argos)
- 2009: Réfugiés climatiques, Éditions Carré (avec le collectif Argos)
- 2008: En mer, voyages photographiques, Farid Abdelhouahab, Éditions Glénat (anthologie / collectif)







































































