Les Maîtres de l’illusion
Cette sélection vous propose une sélection d’oeuvres qui ne se livrent pas au premier regard. Ou plutôt qui créent un doute, en jouant avec notre perception et en nous forçant à nous demander : qu’est-ce que je regarde ?
Peter Brooke-Ball
Entravé par une simple corde, la pierre semble douter de sa force et se transformer en matériau élastique. Peter Brooke-Ball capte notre attention en jouant sur les propriétés physiques des matériaux. Selon le regard qu’on porte sur elles, ses sculptures énigmatiques peuvent aussi bien susciter un sourire que créer un malaise. L’artiste nous laisse libre de nos interprétations, même s’il glisse avec malice quelques clés de lecture dans les noms de ses oeuvres.
Doris Marten
Avec sa série Layers, Doris Marten nous donne l’impression de regarder des oeuvres en trois dimensions, où des formes géométriques se superposeraient les unes aux autres dans une infinité de nuances de couleurs. Chaque tableau se compose pourtant de simples lignes de peinture juxtaposées sur la même surface en utilisant une palette restreinte de sept couleurs. Avec une grande économie de moyen, l’artiste parvient à défier notre perception visuelle.
Xavier Dumoulin
Des villages isolés en pleine nature, tellement nimbés de lumière qu’on croit d’abord voir un incendie ou une coulée de lave. Prises en pleine nuit avec un temps de pause long, ces photographies de Xavier Dumoulin nous font prendre conscience combien la pollution lumineuse nous prive du spectacle de la nuit et du ciel étoilé. « Une perte inestimable d’un certain rapport poétique au monde » pour l’artiste.
Romain Langlois
Hyakutake est la dernière création de Romain Langlois : ce qui ressemble à un rocher pétrifié au milieu d’une explosion est en réalité une pièce en bronze. Par un travail virtuose sur la patine, l’artiste recrée l’apparence exacte de la roche tandis que le bronze poli évoque un magma surgissant de ses entrailles. « Objets inanimés, avez-vous donc une âme ? »
Guy Oberson
Image d’actualité ou image publicitaire ? Notre regard de consommateur d’images sait bien sûr distinguer les deux, malgré une cohabitation permanente dans les médias. Mais lorsque, en réinterprétant chacune au moyen d’une seule technique (la pierre noire), Guy Oberson les dépouille des codes visuels qui nous les rendent reconnaissables, notre raison s’égare et les niveaux de lecture se multiplient…

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