Silenzi Bianchi (Silences Blancs)
Inverni (Hivers)
A Po & Padania (A Pô et Padanie)
Geometrie & Silenzi Marine (Marines Géométries et Silences)
Geometrie di Luce (Géométries de Lumière)
Persone in Pausa & Luce nelle Stanze
Biographie
Les photographies de l’artiste italien Riccardo Varini, empreintes d’une délicate poésie, se distinguent par leur langage sobre et essentiel. Ses paysages sont des paysages intérieurs, qui invitent à la méditation.
Riccardo Varini : une photographie lente, une géographie de l’âme
Les photographies de Riccardo Varini donnent à voir des paysages. Il ne s’agit pourtant pas de simples reproductions, d’empruntes « à l’identique » sur le film photographique, mais plutôt de paysages évoqués, parfois presque évanescents. Pour désigner ces paysages photographiés, Varini parle d’une « géographie de l’âme » : les « lieux communs » où il a grandi et qui, à ce titre, sont chargés de mémoire et d’émotions, se transmutent dans son appareil photo en paysages intérieurs.
Ses images ne cherchent pas à évoquer (seulement) le souvenir personnel du photographe mais quelque chose de plus universel : un rêve, un état d’esprit, une sensation. Elles ne cherchent pas à étonner mais plutôt à inviter à la réflexion, à la méditation calme. Pour Riccardo Varini, la photographie acquiert une connotation thérapeutique par sa capacité à ralentir et à dilater le temps, offrant des pauses dans la frénésie de la vie quotidienne. Une photographie ‘slow’, lente, où les sujets perdent leur connotation spatio-temporelle, suspendus dans un moment hors du temps.
« Varini ne documente pas un paysage visible, mais la projection de ce paysage (bien qu’il y ait un lien étroit avec ses lieux). L’image trouvée rencontre l’image imaginée. Il s’agit d’un « paysage de sentiment », de lieux qui ont abandonné leur physicalité pour arriver à un paysage qui n’est plus géographique mais métaphysique. » Giuseppe Cicozzetti
Retour à l’essentiel et aux choses simples de la quotidienneté
Deux personnes ont eu une influence décisive dans l’art de Riccardo Varini : la première est son père, qui lui a transmis l’amour de la nature et des choses simples lors de journées partagées dans la quiétude et le silence du bord du fleuve, ou celles des bois montagnards de sa région. Les paysages du Pô, des Apennins, de la Riviera Romagnole ont marqué profondément l’artiste : « Je suis très attaché à ma terre, c’est ma vie. Ma terre d’origine a influencé mon âme. »
La deuxième est Luigi Ghirri, un photographe de la même province natale de Varini, porte-parole d’une photographie conceptuelle et réflexive. Riccardo Varini le rencontre en 1984 et le considère depuis comme son maître. Il explique avoir appris à son contact une manière différente de tisser des récits avec les images : l’attention pour les sujets quotidiens, le regard lent et méditatif, la construction d’un cadrage ample fait d’espaces et de vides. Riccardo Varini lui emprunte le concept du ‘seuil’, qu’il développe dans son propre travail : un point de départ à partir duquel nous pouvons observer, regarder plus loin, et laisser courir notre imagination. Il s’agit d’une distance qui instaure un sens de respect pour le paysage. Visuellement, ce concept se traduit par la récurrence des fenêtres, des ponts ou des lignes d’horizon dans ses photographies.
Le langage personnel de Riccardo Varini trouve toutefois son origine dans un accident : le photographe contemporain décide un jour d’imprimer une image surexposée et il remarque qu’elle est pratiquement blanche, la majorité des détails ayant disparu. L’image restitue seulement l’essentiel, avec une sobriété de couleurs et de lignes qu’il apprécie énormément. Depuis lors, il s’emploie dès la prise de vue à ‘nettoyer’ l’image et cette pratique constitue la base de son langage minimaliste et délicat, aux tonalités claires. Cette sobriété esthétique se combine parfaitement avec ses compositions élégantes et longuement étudiées.
Un mariage entre photographie, peinture et poésie
Dans sa jeunesse, Riccardo Varini s’adonne à la peinture et à la poésie. Il commence à photographier en autodidacte à la fin des années 70, attiré par la capacité de synthèse du medium photographique. Toutefois, le rapport à la peinture marque le début de son parcours et l’accompagne toujours. Sa démarche artistique est effectivement influencée par le Chiarismo lombardo, un mouvement pictural des années 30 caractérisé par l’utilisation de couleurs claires, imprégnées de lumière. Il admire notamment les paysages ‘chiaristi’ et essentiels du peintre italien Gino Gandini. Pour les compositions de ses séries en intérieur et pour les portraits, le photographe s’inspire des peintures de l’américain Edward Hopper, et des peintres hollandais du 17e siècle tels que Vermeer et Rembrandt.
L’influence de la peinture se poursuit jusqu’au tirage : Riccardo Varini imprime personnellement ses photographies contemporaines sur du papier coton. Ce support confère à l’image un effet mat et velouté qui se rapproche visuellement de l’aquarelle. L’image imprimée, délicate comme dans un rêve, concrétise encore plus l’idée de poésie inscrite dans ses photographies. Pour l’artiste : « La photographie est une poésie que l’on a en soi et que l’on va chercher à l’extérieur ».
« Certains pourraient les appeler de simples paysages, mais je pense qu’il s’agit de poèmes, sans mots ou avec des mots cachés dans le brouillard et la lumière, comme c’est le cas pour les haïkus japonais. Tout ce que nous voyons capte notre attention et nous invite à réfléchir. Dans la poétique de Riccardo, les saisons sont toutes réunies dans son âme. Et elles nous parlent. Il suffit d’écouter. » Emanuele Ferrari
La reconnaissance du monde de la photographie
Riccardo Varini (1957) vit et travaille à Reggio Emilia, sa ville natale. Après presque 30 ans d’activité en tant que photographe, il ouvre en 2006 la première galerie de photographie de sa ville, qui dévient un lieu d’échange et de formation. Sa carrière est ponctuée de distinctions et de participations à des événements de renommée. Il participe au festival international Fotografia Europea en 2009 à Reggio Emilia, et en 2013 au symposium sur Luigi Ghirri organisé par la British School de Rome. Quelques années plus tard, en 2012, l’une de ses photographies est choisie par le journal français Le Monde pour représenter la foire MIA (Milan Image Art Fair).
Skira, la maison d’édition italienne spécialisée dans les livres d’art, édite en 2015 une monographie sur le travail de Riccardo Varini, avec des textes du critique d’art italien Arturo Carlo Quintavalle. L’année suivante, une grande exposition anthologique de 170 œuvres est inaugurée aux Chiostri di San Domenico, réalisée en collaboration avec les Musées et la municipalité de Reggio Emilia. Les photographies de l’artiste émilien sont archivées au CSAS (Centro Studi e Archivio della Comunicazione) de l’Université de Parme, parmi celles d’importants noms de la photographie italienne, et au musée MAXXI de Rome. Il poursuit en parallèle à son activité artistique une activité d’enseignement, donnant des cours et des séminaires de photographie.
Vidéo : les scènes en extérieur ont été filmées par Alessandro Scillitani
CV
Expositions personnelles
2024 : A Po, Cathédrale de Boretto, Reggio Emilia (Italie)
2023 : Geometrie di Luce, ARTyou ass. cult., Reggio Emilia (Italie)
2018 : A Po, Villa Verde, Reggio Emilia (Italie)
2016 : Silenzi Bianchi (White Silences), Tokyo et Reggia di Colorno, Parme (Japon et Italie)
2016 : Riccardo Varini. Fotografie 1979-2016, exposition rétrospective de 170 œuvres organisée en collaboration avec les Musées Civiques et la Municipalité de Reggio d’Émilie et commissariée par Arturo Carlo Quintavalle, Chiostri di San Domenico, Reggio d’Émilie (Italie)
2015 : Silenzi, Palazzo Dalla Rosa Prati, Parme (Italie)
2014 : as-senze, commissariée par Arturo Carlo Quintavalle, Galleria Parmeggiani, Reggio d’Émilie (Italie)
2014 : Geometrie Marine, Mois de la culture italienne, Principauté de Monaco
2013 : Stanze, commissariée par Alessandra Bigi Iotti, Elena Ghidini, Giulio Zavatta, Musée Gonzaga, Novellara (Italie)
2013 : Chiaro, parcours poétique dans la photographie de Riccardo Varini, Palais Ducal, Castelnovo ne’ Monti (Italie)
2012 : Da Mare a Mare, parcours poétique dans la photographie de Riccardo Varini, commissariée par Alessandra Bigi Iotti et Giulio Zavatta, Agenzia NFC, Rimini (Italie)
2012 : Da qui al mare – Foto di Riccardo Varini, Antichi Magazzini del Sale, Cervia (Italie)
2012 : Galerie Einaudi, Mantoue (Italie)
2010 : Light Reflections, chez Max Mara, Duccio Grassi Architects, Milan (Italie)
2009 : Riccardo Varini, Galerie Confluence, Nantes (France)
2009 : Silenzi, commissariée par A.C. Quintavalle, Fotografia Europea, Reggio Emilia (Italie)
2004 : Linee di fuga, Castello del Vescovo, Arceto, Reggio Emilia (Italie)
Expositions collectives
2018 : Quartiers d’été, Little Big Arles Galerie (France)
2014 : Fotofever Photography Fair, Carrousel du Louvre, Paris (France)
2014 : MIA (Milan Image Art Fair), Milan (Italie)
2013 : Soul Whispers, Ketterer Kunst Gallery, Berlin (Allemagne)
2013 : Photissima, Turin (Italie)
2013 : MIA Fair (Milan Image Art Fair), Milan (Italie)
2013 : Pietrasanta, Lucca (Italie)
2012 : MIA (Milan Image Art Fair), avec une photographie sélectionnée par Le Monde comme représentative de la foire, Milan (Italie)
Collections
CSAC (Centre d’Études et Archives de la Communication, Université de Parme), Photothèque Panizzi à Reggio Emilia, MAXXI (Musée national des arts contemporains et de l’architecture à Rome), Bibliothèques publiques de Modène et de Matera, collections privées en Italie, France et Allemagne.
Distinctions et résidences
2013 : Participation au symposium sur Luigi Ghirri, British School, Rome (Italie)
Commandes
2010 : Étude photographique du nouveau magasin phare de Max Mara, commande de Duccio Grassi Architects, Milan (Italie)













































